TI KAER

Maisons de caractère, Quimperlé

Manoir de Carnoët

Demeure de notable, Carnoët (Quimperlé)

Commune
Quimperlé
Type
Maisons de caractère
Époque
XIIIe–XIXe siècles
Protection
Non protégée
Architecte, auteur
Dannery André(commanditaire) ; Ruinart de Brimont (commanditaire)
Statut juridique (Inventaire)
Propriété privée
Matériaux
schiste, granite, kersantite, moellon, brique et pierre à assises alternées, ardoise
Rivage
4,5 km

L’essentiel

Manoir de Carnoët est une maison de caractère des XIIIe–XIXe siècles à Quimperlé. Matériaux relevés : schiste, granite, kersantite, moellon, brique et pierre à assises alternées, ardoise. Le domaine comprend jardin, jardin d'hiver, portail, communs. Propriété privée. À 4,5 km du rivage à vol d’oiseau, 44,8 km de la gare de Quimper et 49,3 km de l’aéroport de Quimper-Cornouaille. Étudié par l’Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne (Quimperlé, 2003).

Cette demeure aux allures de grande maison bourgeoise, construite pour le baron André Dannery vers 1870 d´après les plans d´un architecte non identifié, s´élève dans un site privilégié qui, riche en vestiges historiques, est à l´origine du choix d´un commanditaire passionné d´archéologie. Le plan qui sépare pièces de réception et appartements des maîtres de maison des pièces de service et des chambres d´enfants et de domestiques et qui réserve au "hall" central couvert d´un plafond à caissons une fonction à la fois utilitaire et d´apparat, est sans égal dans les environs de Quimperlé. Il présente toutefois quelques analogies avec Kerbertrand, demeure contemporaine construite pour la famille de Mauduit (même commune). Il est possible que le chapiteau à corbeille ornée de crochets feuillagés découvert dans les décombres du château du 13e siècle ruiné ait servi de modèle aux piédroits de la grande cheminée dont le matériau, la kersantite sombre en provenance de la rade de Brest, permet une sculpture fine. En absence d´autres exemples connus, la présence de briques estampillées « Kerolé » produites par une des plus grandes briqueteries du Morbihan, mérite une mention particulière.

Histoire

La propriété s´élève sur un terrain qui faisait partie de l´ancienne résidence ducale du 13e siècle dont subsistent des vestiges (voir dossier Carnoët : château), à proximité d´une construction désignée comme "maison du passage" sur le cadastre de 1824, peut-être l´habitation du passeur qui assurait la traversée de la Laïta. De ce passage très fréquenté jusqu´au 19e siècle subsistent les vestiges d´une cale maçonnée. Les terrains appartiennent peu avant 1870 au baron André Dannery (1832-1887), conseiller municipal de Quimperlé, qui fait exhausser le sol en bordure de rivière pour construire un mur de soutènement, en prolongement d´un mur ancien, sans doute médiéval, qui longe l´ancien chemin de halage tombé en désuétude. En 1877, il obtient l´autorisation de construire une « tourelle ornementale » de quatre mètres de haut (toujours en place), sans doute un remploi d´éléments provenant de l´ancien château, tout comme la colonne élevée à proximité, vestige d´une grande salle. Dannery fait également bâtir vers 1870 le logis actuel dont une cheminée porte les armoiries Dannery et Ruinart de Brimont. L´abri aménagé sous le jardin d'hiver, sans doute ajoutée à la fin du 19e ou au début du 20e siècle, est couvert d´un plafond de type entrevous en berceaux segmentaires en fer et briques ; ces briques, estampillées Kerolé-Lorient, proviennent de l´établissement Moulin à Ploemeur (Morbihan) dont la production porte, entre 1893 et 1926, la marque figurant un moulin à vent. Les allèges des fenêtres sont en appareil de briques portant le monogramme E.P. Les communs situés à l´est (logement, étable à chevaux) sont contemporains du logis.

Texte de l’Inventaire du patrimoine culturel en Bretagne (Région Bretagne), dossier IA29000541, enquête 2001, rédaction 2003, reproduit sans modification ; consulté sur patrimoine.bzh le 3 novembre 2026.

Repères chronologiques

Dates relevées dans l’historique officiel et dans les sources citées, dans l’ordre.

  1. 1824Le cadastre de 1824 mentionne à cet endroit une « maison du passage », peut-être celle du passeur de la Laïta. (POP, ministère de la Culture)
  2. 1870Les terrains appartiennent peu avant 1870 au baron André Dannery (1832-1887), conseiller municipal de Quimperlé, qui fait exhausser le sol en bordure de rivière pour construire un mur de soutènement, en prolongement d´un mur ancien, sans doute médiéval, qui longe l´ancien chemin de halage tombé en désuétude.
  3. 1877En 1877, il obtient l´autorisation de construire une « tourelle ornementale » de quatre mètres de haut (toujours en place), sans doute un remploi d´éléments provenant de l´ancien château, tout comme la colonne élevée à proximité, vestige d´une grande salle.

Architecture

Le gros-oeuvre, à l´origine couvert d´un enduit, est en moellon de schiste et de granite. La travée centrale est accentuée par un faux avant-corps à pignon. Les chaînages d´angle, souches de cheminée, encadrements et appuis des baies sont en appareil alterné de brique et de granite. La partie est, composée d´un sous-sol (chaufferie, cave, cuisine, monte-charge) est accessible depuis la cour et le pignon ; la partie ouest est directement construite sur le rocher qui affleure. Un jardin d´hiver se greffe sur la partie centrale du rez-de-chaussée et s´ouvre sur une grande pièce centrale double en hauteur de type « hall » et à usage de vestibule ; un escalier suspendu en châtaignier dessert l'appartements ouest du premier étage. Le décor floral peint du plafond à caissons a disparu. La cheminée monumentale est en kersantite. Les huisseries et les lambris d'appui sont en pitchpin. Cette pièce centrale, éclairée au nord par une grande baie dont le vitrail a disparu, dessert, à l´ouest, des pièces de réception, à l´est une salle à manger (avec cheminée sous-baie) qui jouxte l´actuelle cuisine. La partie est du bâtiment possède une distribution indépendante assurée par un escalier tournant en pitchpin et châtaignier qui dessert caves, cuisine, chambres et greniers. L´étage de comble abrite, outres des greniers, deux vastes pièces ouvertes sous charpente ; celle située au nord, éclairée par une grande baie, servait d´atelier.

Texte de l’Inventaire du patrimoine culturel en Bretagne (Région Bretagne), dossier IA29000541, enquête 2001, rédaction 2003, reproduit sans modification ; consulté sur patrimoine.bzh le 3 novembre 2026.

Le domaine

Ce que relève l’Inventaire du patrimoine.

Dénomination
demeure
Appellations
Manoir de Carnoët (ou la maison du passage)
Parties constituantes
jardin, jardin d'hiver, portail, communs
Typologie
demeure de plan allongé. Type ternaire. Logis à sept pièces par étage. Niveaux décalés. Cheminée-fenêtre. Style néo-gothique
Datation détaillée
2e quart 19e siècle ; 3e quart 19e siècle

Vu du ciel

Le même lieu, même cadrage : photographies aériennes des années 1950 et vue actuelle. Le cadrage est centré sur l’emprise relevée par l’Inventaire ou sur la localisation de la notice.

Vue aérienne, années 1950 : Manoir de Carnoët
IGN, photographies aériennes 1950–1965, licence ouverte
Vue aérienne actuelle : Manoir de Carnoët
IGN, BD ORTHO, licence ouverte

Le lieu à travers les cartes

Trois siècles de cartographie, même centrage : le repère rouge indique l’emplacement relevé par la notice. Les noms de lieux, chemins et boisements anciens se lisent sur les cartes de Cassini et d’état-major.

Carte de Cassini, vers 1780 : Manoir de Carnoët
Carte de Cassini, vers 1780. BnF / IGN, licence ouverte.
Carte d’état-major, 1820–1866 : Manoir de Carnoët
Carte d’état-major, 1820–1866. IGN, licence ouverte.
Carte au 1:50 000, vers 1950 : Manoir de Carnoët
Carte au 1:50 000, vers 1950. IGN, SCAN 50 historique, licence ouverte.
Parcellaire cadastral sur vue aérienne actuelle : Manoir de Carnoët
Parcellaire cadastral sur vue aérienne actuelle. IGN / DGFiP, Parcellaire Express et BD ORTHO, licence ouverte.

Pour aller plus loin

Références et notices officielles.

  • Dossier d’Inventaire IA29000541, Région Bretagne
  • A.N. Finistère, N IV. Plan géométrique de la forêt royale de Carnoët, par Jean-Baptiste Robert, géomètre, 1731.
  • A.D. Finistère, 3 P 292. Cadastre de 1824 section D dite de la forêt.
  • A.D. Finistère 7 S 51. Demande d'autorisation d'occuper la grève de la Laïta, 1870. Demande de construction d'une tourelle ornementale, 1877.
  • ROYAN, René. La briqueterie-tuilerie Moulin-Keroulé. Dans : Bulletin de la société d´archéologie et d´histoire du pays de Lorient, 1994, p. 105-108
  • INVENTAIRE GENERAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE. Région Bretagne. Quimperlé et son canton. Finistère. Collection Images du Patrimoine n° 217, Rennes, 2002, p. 5, 81

Le marché de la commune

Chiffres agrégés de la commune. Ti Kaer ne rapproche jamais une demeure nommée d’un prix de vente.

Toutes les ventes à Quimperlé

190 000 €prix médian d’une maison à Quimperlé
650ventes de maisons, 2021–2025
12ventes à 500 000 € et plus

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Questions

Peut-on visiter le manoir de Carnoët ?

Non : c’est une propriété privée, qui ne se visite pas sauf ouverture exceptionnelle annoncée par les propriétaires.

De quand date le manoir de Carnoët ?

Les parties les plus anciennes relevées datent du XIIIe–XIXe siècles. 2e quart 19e siècle ; 3e quart 19e siècle.

Le manoir de Carnoët est-il protégé ?

Non. La demeure n’est ni inscrite ni classée au titre des monuments historiques d’après les bases consultées ; elle figure à l’Inventaire du patrimoine, qui n’emporte aucune contrainte.

À quelle distance de la mer se trouve le manoir de Carnoët ?

À 4,5 km du rivage à vol d’oiseau. La gare de Quimper est à 44,8 km et l’aéroport de Quimper-Cornouaille à 49,3 km.

Propriété privée pour la plupart des demeures : elles ne se visitent pas, sauf mention contraire. Aucune adresse n’est publiée.

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Sources : Inventaire général du patrimoine culturel ; Inventaire du patrimoine culturel en Bretagne, Région Bretagne, dossier IA29000541 (patrimoine.bzh), licence ouverte pour les données, textes reproduits sans modification ; distances calculées à partir des limites communales IGN (Admin Express, licence ouverte). Photographies : Wikimedia Commons, selon la licence indiquée en légende. Vues aériennes : IGN, licence ouverte. Marché : valeurs foncières DGFiP, données agrégées. Cartes anciennes et cadastre : IGN, BnF, DGFiP, licence ouverte. Faits complémentaires : sites cités, consultés le 3 novembre 2026. Aucune donnée sur les propriétaires actuels.