TI KAER

Moulins, Loctudy

Moulin à marée du Suler

Moulin à marée du Suler, Pen Ar Veur (Loctudy)

Commune
Loctudy
Type
Moulins
Époque
XVIIe–XXe siècles
Protection
Non protégée
Statut juridique (Inventaire)
Propriété privée
Matériaux
granite
Rivage
0,0 km
Moulin à marée du Suler, Loctudy
Photo Joseph-Marie Villard, Wikimedia Commons, Domaine public, passée en noir et blanc.

L’essentiel

Moulin à marée du Suler est un moulin des XVIIe–XXe siècles à Loctudy. Matériaux relevés : granite. Le domaine comprend digue, étang. Propriété privée. À 0,0 km du rivage à vol d’oiseau, 18,5 km de la gare de Quimper et 15,1 km de l’aéroport de Quimper-Cornouaille. Étudié par l’Inventaire du patrimoine de la Région Bretagne (Inventaire des moulins à marée de Bretagne, 2017).

Malgré son état de vestiges le moulin du Suler suscite une forte mobilisation autour de l'idée de sa reconstruction, notamment à travers l'association « Association pour la reconstruction du Moulin de Pen Ar veur ».Outre sa fonction de moulin à marée qui constitue déjà une source d'intérêt, le moulin du Suler s'inscrit dans un site avec une histoire particulière, notamment à travers les villas de Marie de Kerstrat. Toutes ces raisons et son inscription dans un GR rende un projet autour de sa reconstruction très souhaitable.

Histoire

L'existence du moulin du Suler est attestée pour la première fois dans un « aveu » du Seigneur de Kerazan datant du 23 janvier 1609. Ce dernier y décrit les biens et terres qu'il tient d'un autre seigneur ainsi que ses obligations envers lui. Ce premier moulin sera modifié et agrandi en 1718, il fonctionnera jusqu'en 1919 environ. A quelques kilomètres du moulin du Suler se trouvait un autre moulin à marée, Le Dourdy, dont il ne reste que peu d'éléments du bâtiment originel. Ces deux moulins fonctionnaient selon un accord de marche et ce lien s'exprimait jusque dans l’appellation de ces deux bâtiments. En effet le moulin du Suler est aussi désigné par l’appellation Ar Veil Vras (soit « le grand moulin »), qui fait écho à sa taille et son importance. Le moulin du Dourdy était quant à lui appelé Veil-vihan, c'était donc « le petit moulin ». Le moulin du Suler n'est pas seulement désigné en référence à sa taille. Le terme de « suler », vient du breton et désigne « la pièce la plus élevée de la maison, le galetas ou le grenier proprement dit » (J-L. Boitthias et A. de La Vernhe), en référence à son activité de mouture du grain. Le premier meunier qui exploita le moulin entre 1718 et 1743 fut Tudy Tanniou, s'en suivit une meunière, Corentine Bernard. Puis ce fut Alain Scouarnic (à partir de 1754), René Soulleg (1760), Grégoire Palut (1778) et Charles Le Drezen (1826) qui se succédèrent. Le dernier meunier fut le père Tirilly qui y travailla entre 1900 et 1919. Entre temps le moulin fut saisi à la Révolution et vendu comme biens nationaux. Parallèlement à l'activité de meunerie le moulin compte également une « retraite » à porcs , canards, oies et poules. Fait notable, le meunier Tirilly pu aussi y exercer un droit de pèche en vidant l'étang, alors même qu'il dépendait de la famille noble De Gransègne. En effet, au cours des siècles, le droit de pêche sur les étangs du moulin n'a pas été constant. En fonction des lieux et époques ce droit revenait tantôt au propriétaire du moulin, tantôt au meunier, il se pouvait aussi que ce dernier doive reverser une partie de sa pêche au seigneur dont dépendait le moulin. Au cours du XVIIIe siècle ce droit fut complètement retiré aux meuniers et revint progressivement dans les années 1840-1860.D'après les témoignages locaux, le moulin continua de tourner pendant la 1ère Guerre mondiale puis fut abandonné et démoli petit à petit.Au XIXe siècle le site est marqué par la présence de Marie de Kestrat, alors propriétaire du domaine de Penanveur qui eut une influence conséquente en dehors de la Bretagne. En effet elle participa à la diffusion du cinéma aux Etats-Unis et au Canada. Quant au Suler, elle fit construire à proximité des villas pour de riches touristes pour qui elle organisait tout un programme d'activités autour de la plaisance et de la découverte de la région. Le domaine du Suler une expérience pionnière des premiers « village de vacances » et attira par la même occasion de nombreux peintres et écrivains comme Maxime Mauffra, André Suarès ou encore André Chevrillon.

Texte de l’Inventaire du patrimoine culturel en Bretagne (Région Bretagne), dossier IA29131256, enquête 2017, rédaction 2017, reproduit sans modification ; consulté sur patrimoine.bzh le 3 novembre 2026.

Repères chronologiques

Dates relevées dans l’historique officiel et dans les sources citées, dans l’ordre.

  1. 1609L'existence du moulin du Suler est attestée pour la première fois dans un « aveu » du Seigneur de Kerazan datant du 23 janvier 1609.
  2. 1718Ce premier moulin sera modifié et agrandi en 1718, il fonctionnera jusqu'en 1919 environ.
  3. 1754Puis ce fut Alain Scouarnic (à partir de 1754), René Soulleg (1760), Grégoire Palut (1778) et Charles Le Drezen (1826) qui se succédèrent.
  4. 1900Le dernier meunier fut le père Tirilly qui y travailla entre 1900 et 1919.
  5. 2008En 2008, un désenvasement a dégagé le second coursier ; la digue, empruntée par le GR, a été restaurée en 2015. (POP, ministère de la Culture)

Architecture

Le moulin est situé près de l'embouchure de la rivière de Pont-l'Abbé, sur la rive gauche d'un de ses petits affluents, à l'extrémité d'une digue rectiligne qui forme l'étang du Suler. On trouvait notamment sur cet étang un lavoir et un four à goémon. Les deux coursiers que l'on peut encore voir sur la digue correspondaient probablement à deux types de mouture. Dans ce genre de configuration on trouve habituellement un moulin blanc qui produit une farine fine pour la consommation humaine et un moulin roux. A une date inconnue, le seigneur de Kerazan décida de laisser un seul de ces moulins en activité.Le bâtiment, réalisé en moellons de granit, flanque la digue en aval et est organisé selon un plan rectangulaire. Prolongé par une longère, le moulin compte aussi plusieurs petites dépendances qui se situent avant même l'arrivée sur la digue. Afin de ne pas s'enfoncer dans la vase, le mur aval présente un fruit sur toute sa longueur et le bâtiment est renforcé par un arc-boutant situé à un de ses angles qui est évidé pour permettre l'écoulement du coursier.Sur les anciennes photographies on remarque que le toit à deux versants présente un léger coyau qui correspond à un léger adoucissement dans le bas de la pente du toit. Jusqu'au XIXe siècle les couvertures de l'habitation du meunier et des dépendances étaient encore végétales, puis furent supplantées par l'ardoise.La façade amont du moulin accueille la porte d'entrée et une fenêtre. La façade Nord comporte une petite ouverture, la façade aval également, ainsi qu'une poterne qui donne sur le sous-sol. La façade sud, mitoyenne d'un petit bâtiment, accueille une cheminée.En 2008, le moulin a bénéficié d'un chantier qui a permis de dégager une quantité importante de vase, dévoilant ainsi le deuxième coursier qui était complètement envasé. La digue qui se trouve sur le GR a été totalement restaurée en 2015 et à cette occasion la « porte-mer » , l'endroit par lequel entrait l'eau à marée montante a été élargie.

Texte de l’Inventaire du patrimoine culturel en Bretagne (Région Bretagne), dossier IA29131256, enquête 2017, rédaction 2017, reproduit sans modification ; consulté sur patrimoine.bzh le 3 novembre 2026.

Le domaine

Ce que relève l’Inventaire du patrimoine.

Dénomination
moulin
Précision
moulin à marée
Parties constituantes
digue, étang
Typologie
moulin à marée
Datation détaillée
17e siècle ; 18e siècle ; 19e siècle ; 20e siècle
Moulin à marée du Suler, Loctudy
Photo Moreau.henri, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, passée en noir et blanc.

Vu du ciel

Le même lieu, même cadrage : photographies aériennes des années 1950 et vue actuelle. Le cadrage est centré sur l’emprise relevée par l’Inventaire ou sur la localisation de la notice.

Vue aérienne, années 1950 : Moulin à marée du Suler
IGN, photographies aériennes 1950–1965, licence ouverte
Vue aérienne actuelle : Moulin à marée du Suler
IGN, BD ORTHO, licence ouverte

Le lieu à travers les cartes

Trois siècles de cartographie, même centrage : le repère rouge indique l’emplacement relevé par la notice. Les noms de lieux, chemins et boisements anciens se lisent sur les cartes de Cassini et d’état-major.

Carte de Cassini, vers 1780 : Moulin à marée du Suler
Carte de Cassini, vers 1780. BnF / IGN, licence ouverte.
Carte d’état-major, 1820–1866 : Moulin à marée du Suler
Carte d’état-major, 1820–1866. IGN, licence ouverte.
Carte au 1:50 000, vers 1950 : Moulin à marée du Suler
Carte au 1:50 000, vers 1950. IGN, SCAN 50 historique, licence ouverte.
Parcellaire cadastral sur vue aérienne actuelle : Moulin à marée du Suler
Parcellaire cadastral sur vue aérienne actuelle. IGN / DGFiP, Parcellaire Express et BD ORTHO, licence ouverte.

Pour aller plus loin

Références et notices officielles.

Autour de la demeure

Ventes de maisons 2021–2025 dans un rayon autour du point de la notice (valeurs foncières DGFiP, maisons seules, surface connue). Ces chiffres décrivent le voisinage, jamais la demeure elle-même.

VentesPrix médian€/m² médianSurface médiane
À moins de 1 km52255 000 €2 675 €103 m²
À moins de 3 km354285 000 €2 845 €107 m²

Le marché de la commune

Chiffres agrégés de la commune. Ti Kaer ne rapproche jamais une demeure nommée d’un prix de vente.

Toutes les ventes à Loctudy

283 500 €prix médian d’une maison à Loctudy
375ventes de maisons, 2021–2025
45ventes à 500 000 € et plus

La prime vue mer à Loctudy

Prix médian au m² des maisons vendues selon leur distance au rivage, 2021-2025, toutes maisons confondues.

Toutes les communes littorales et la méthode

2 951 €le m² à moins de 300 m du rivage
2 727 €le m² au-delà de 300 m
+8 %prime littorale

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Questions

Peut-on visiter le moulin à marée du Suler ?

Non : c’est une propriété privée, qui ne se visite pas sauf ouverture exceptionnelle annoncée par les propriétaires.

De quand date le moulin à marée du Suler ?

Les parties les plus anciennes relevées datent du XVIIe–XXe siècles. 17e siècle ; 18e siècle ; 19e siècle ; 20e siècle.

Le moulin à marée du Suler est-il protégé ?

Non. La demeure n’est ni inscrite ni classée au titre des monuments historiques d’après les bases consultées ; elle figure à l’Inventaire du patrimoine, qui n’emporte aucune contrainte.

À quelle distance de la mer se trouve le moulin à marée du Suler ?

À 0,0 km du rivage à vol d’oiseau. La gare de Quimper est à 18,5 km et l’aéroport de Quimper-Cornouaille à 15,1 km.

Propriété privée pour la plupart des demeures : elles ne se visitent pas, sauf mention contraire. Aucune adresse n’est publiée.

La valeur d’une demeure ne se calcule pas en ligne.

Un avis de valeur écrit, établi après visite à partir des ventes comparables, remis à vous seul. Aucune diffusion, aucun engagement.

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Sources : Inventaire général du patrimoine culturel ; Inventaire du patrimoine culturel en Bretagne, Région Bretagne, dossier IA29131256 (patrimoine.bzh), licence ouverte pour les données, textes reproduits sans modification ; distances calculées à partir des limites communales IGN (Admin Express, licence ouverte). Photographies : Wikimedia Commons, selon la licence indiquée en légende. Vues aériennes : IGN, licence ouverte. Marché : valeurs foncières DGFiP, données agrégées. Cartes anciennes et cadastre : IGN, BnF, DGFiP, licence ouverte. Faits complémentaires : sites cités, consultés le 3 novembre 2026. Aucune donnée sur les propriétaires actuels.