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Mills, Trégunc

Moulin à marée de Pont-Minaouët

Moulin à marée de Pont-Minaouët, puis maison (Trégunc)

Town
Trégunc
Type
Mills
Period
16th–19th century
Protection
Not listed
Ownership
Private property
Materials
granite, grand appareil, ardoise
Shore
0.9 km

In brief

Moulin à marée de Pont-Minaouët is a 16th–19th century mill in Trégunc, southern Finistère. Materials recorded: granite, grand appareil, ardoise. The estate includes digue, étang. Private property. 0.9 km from the shore as the crow flies, 21.7 km from Quimper railway station and 24.8 km from Quimper-Cornouaille airport. Surveyed by the Brittany regional heritage inventory (Inventaire des moulins à marée de Bretagne, 2017).

History

Official heritage record, in French:

Au début du XVe siècle, Christophe Garot, seigneur de Kerbren décide de construire un moulin à marée au lieu dit de Pont Minaouët à Trégunc. Un moulin à eau royal étant construit en amont, il doit d'abord obtenir l'accord des autorités concernées. Afin de juger de la faisabilité du projet, une assemblée se réunit en 1512. Elle est entre autre composée du sénéchal de Cornouaille, du procureur de Concarneau (représentant Anne de Bretagne, Reine de France) et de Christophe Garot lui-même. Le procès verbal établi à cette occasion émet un avis favorable au projet, mais cette première étape doit être validée par une visite du site qui vérifiera la compatibilité du fonctionnement du moulin à marée avec celui du moulin à eau. Ainsi, le 2 octobre 1513, le sénéchal, le receveur ordinaire de la juridiction de Concarneau, Christophe Garot, quelques nobles ainsi que des maçons et des gens de métiers, se réunissent pour examiner le projet.Le 17 octobre 1513, la Duchesse Anne et les représentants du roi Louis XII délivrent l'autorisation de construire le moulin. Il faudra cependant respecter la condition d'arrêter la retenue d'eau à environ « vingt toises » (40 m) en aval du moulin à eau.D'après les recherches récemment menées par Cyrille Maguer, historien local, le moulin compte en 1774 deux roues qui correspondent à un « moulin blanc » et un « moulin roux ». Le moulin blanc, qui broie le froment et le sarrasin, se compose d'une paire de meules faites en pierre de Champagne, mesurant cinq pieds et un pouce et demi de diamètre (environ 1,55 m) pour la meule tournante, et dix-neufs pouces d'épaisseur (environ 48 cm) pour la meule dormante.Le moulin roux quant à lui, réservé à l'orge et au seigle, fonctionne également avec une meule courante en pierre de Champagne qui mesure cinq pieds trois pouces et demi de diamètre (environ 1,60 m) et onze pouces trois lignes d'épaisseur (environ 29 cm).Au cours de son histoire, le moulin n'aura de cesse de changer de propriétaire. Cyrille Maguer relève notamment que le 30 novembre 1815, Louis Le Baccon vend ses droits sur plusieurs moulins en sa possession, dont celui de Pont Minaouët, à son frère Joseph Le Baccon, militaire à la retraite.A l'occasion d'un changement de meunier, le renable de 1819, terme qui désigne l'expertise qui dresse un état des lieux précis du moulin, mentionne toujours la présence d'un moulin blanc et d'un moulin roux. Le premier est constitué d'une paire de meules mesurant 1,67 m de diamètre, avec 20,25 cm d'épaisseur pour la mouvante et 21,6 cm pour la dormante. Les meules du moulin roux mesurent également 1,67 m de diamètre et sont d'une épaisseur de 15 et 17,5 cm. Outre les éléments propres à l'activité de meunerie, le document mentionne aussi les meubles et ustensiles présents comme par exemple « deux poêles à Crêpes […] un chaudron et une petite marinette », mais aussi les animaux de la propriété, soit trois cochons, deux vaches et deux chevaux. Le 20 septembre 1873, le journal Le Finistère publie l'annonce de la vente du moulin sur saisie immobilière. Le moulin est décrit sommairement selon son aspect extérieur puisque l’intérieur est alors inaccessible : « le dit moulin est fermé et abandonné ». On mentionne également dans la vente « un édifice ayant servi de crèche », « une parcelle de terre inculte, dite Jardin-Vian », l'étang « al-len » et la chaussée du moulin.Cyrille Maguer note pourtant que le moulin est encore occupé en 1876 par le meunier Yves Gerbes, qui a alors 65 ans, sa femme, leur petit fils Joseph Hervé et deux domestiques, Marie-Anne Keraven et Marie-Anne Beux. En 1891 le moulin, est occupé par des cultivateurs, les Dizet, et en 1901 c'est un marin pêcheur et sa famille, Joseph Michelet, qui y logent. Parallèlement à ces occupants qui se succèdent, les recherches de François Moullec, un des derniers propriétaire du moulin, relèvent que le moulin passe en 1897 de la famille Bouderelle à la famille Duval.La dernière habitante connue du moulin est Perrine Flatrès, personnage haut en couleur et marquant pour les riverains puisque cette dernière partage le moulin avec son bouc surnommé "Tad an eternel". Elle occupe le moulin dès 1921 et en 1926 arrive la famille Glémarec pour occuper la maison du meunier.Outre les propriétaires et meuniers qui s'y succédèrent, l'existence du moulin fut parsemée de nombreux faits divers comme la noyade du boucher Firmy Theberge en 1712, personnage emblématique de la ville, et trois noyades aux cours des années 1749 et 1716.Dans les années 1960, une tempête arrache la toiture du moulin. La famille Moullec, déjà propriétaire à l'époque en fait refaire une nouvelle. Ils en profiteront pour faire rehausser les murs d'une vingtaine de centimètres afin de consolider le bâtiment. Avant cette réfection, le moulin comptait deux cheminées, visibles sur une photo des années 1950. La famille Moullec fut aussi à l'origine de la dernière activité qui anima les rives du moulin en exploitant l'aval de l'étang pour la culture de moules et de palourdes.

Text of the Brittany regional heritage survey (Région Bretagne), record IA29131004, survey 2017, written 2017, reproduced unchanged; consulted on patrimoine.bzh on 3 November 2026.

Timeline

Dates quoted in the historical record, in order.

  1. 1512Afin de juger de la faisabilité du projet, une assemblée se réunit en 1512.
  2. 1774Il faudra cependant respecter la condition d'arrêter la retenue d'eau à environ « vingt toises » (40 m) en aval du moulin à eau.D'après les recherches récemment menées par Cyrille Maguer, historien local, le moulin compte en 1774 deux roues qui correspondent à un « moulin blanc » et un « moulin roux ».
  3. 1873Le 20 septembre 1873, le journal Le Finistère publie l'annonce de la vente du moulin sur saisie immobilière.
  4. 1891En 1891 le moulin, est occupé par des cultivateurs, les Dizet, et en 1901 c'est un marin pêcheur et sa famille, Joseph Michelet, qui y logent.
  5. 1950Avant cette réfection, le moulin comptait deux cheminées, visibles sur une photo des années 1950.

Architecture

Architectural description from the regional heritage survey, in French:

Le moulin de Pont Minaouët se trouve à cheval sur les communes de Lanriec et de Trégunc, au fond de l'anse du Minaouët où se jette le ruisseau éponyme. Le moulin se situe à l’extrémité d'une courte digue rectiligne constituée de larges dalles de pierres, construction qui rappelle la digue du moulin à marée du Hénan à Névez, à quelques kilomètres de là. Le bâtiment repose presque entièrement sur la digue et déborde de seulement 1 m environ en aval. L'ancienne porte mer a été couverte d'une dalle béton et le coursier Est a été élargi, une vanne supplémentaire a aussi été créée après les années 1960. La digue présente également un petit renfoncement qui permettait aux passagers des bateaux qui s'y amarraient de débarquer plus facilement. Selon le rapport de la faculté de Droit et de Sciences économiques de Brest sur les micro-centrales marémotrices sur le littoral breton (1983), l'étang se remplit à partir d'un coefficient de 70. Le moulin s'organise selon un plan carré. Le mur de la façade aval présente un fruit destiné à préserver le bâtiment de l'enfoncement dans la vase. Les murs du moulin sont constitués en pierres de taille en granit et sont surmontés d'une rangée de pierres plates en légère saillie. Cette rangée est particulièrement visible puisqu'en changeant la toiture qui s'était envolée suite à une tempête, les propriétaires en ont profité pour surélever la charpente par un bandeau de pierres censé rigidifier le bâtiment. Un escalier extérieur en pierre creusé dans la digue permet d'accéder au sous -sol du moulin. Dans ce sous-sol, deux galeries latérales correspondent à l'espace nécessaire pour relier les roues au mécanisme intérieur et une troisième galerie perce la façade aval. Toutes trois présentent des voûtes plates réalisées en dalles de pierre.Comme pour le moulin du Hénan à Nevez, des témoignages locaux et des corbeaux en pierre, encore visibles aujourd'hui, laissent penser que les planchers auraient été conçus comme des planchers « flottants » au sens premier du terme, c'est à dire qu'ils pouvaient se soulever avec la marée. Si Maurice Damas, pionnier des recherches dans ce domaine, donne crédit à cette hypothèse, J-L. Boithias et A. de La Verhne, également spécialistes du sujet émettent certaines réserves. D'après eux, une « telle imprévoyance » de la part du meunier est « difficilement crédible quand on connaît la disposition d'esprit de ces « ouvriers de la mer » qu'étaient les meuniers veillant au « grain » ». Le bâtiment est surmonté d'un toit en pavillon en ardoise. La façade aval présente une cheminée dans l'angle et la façade amont accueille la porte d'entrée à côté de laquelle est gravée une fleur de lys. Deux petites fenêtres sont présentes sur les deux façades latérales. Aujourd'hui (2017) la digue est très dégradée et menace de s'affaisser par endroits. Le bâtiment présente également une importante fissure sur la façade aval et a été démuni de tous ses mécanismes et planchers. Selon l'actuelle propriétaire, Betty Moullec, les mécanismes auraient été emmenés dans un moulin à Nantes.

Text of the Brittany regional heritage survey (Région Bretagne), record IA29131004, survey 2017, written 2017, reproduced unchanged; consulted on patrimoine.bzh on 3 November 2026.

The estate

As recorded by the regional heritage survey.

Designation
moulin, maison
Detail
moulin à marée
Names
Le moulin à mer
Component parts
digue, étang
Typology
moulin à marée
Detailed dating
16e siècle ; 17e siècle ; 18e siècle ; 19e siècle

From the air

The same place, same framing: aerial photographs from the 1950s and today, centred on the footprint recorded by the heritage survey or on the record’s location.

Aerial view, 1950s: Moulin à marée de Pont-Minaouët
IGN, aerial photographs 1950–1965, open licence
Current aerial view: Moulin à marée de Pont-Minaouët
IGN, BD ORTHO, open licence

Further reading

References and official records.

  • Dossier d’Inventaire IA29131004, Région Bretagne
  • JALLAIS Joël, FADY André. Les micro-centrales maremotrices sur le littoral breton (Rapport d'étude de marché), 1983 http://archimer.ifremer.fr/doc/00106/21690/
  • AD Finistère, Le Finistère (1872-1939) - Collection numérisée, TASSEL, J. , Vente sur saisie immobilière, Le Finistère, 20 septembre 1873, n°132,
  • BOITHIAS, Jean-Louis, LA VERNHE Antoine de, Les moulins à mer et les anciens meuniers du littoral. Collab MONDIN Corinne. Nonette : Ed, Créer, 1989, 276p
  • DAUMAS, Maurice, L'archéologie industrielle en France, Paris : Ed. Robert Laffont, Coll. Les hommes et l'histoire, 1980, 486p
  • MAGUER Cyrille, Trégunc,mémoire de terre et de mer, Le Faouet : Ed, Liv', 2013, 273p
  • MOUTEL Pierre, Cela s'est passé à Trégunc il y a 500 ans, Ma Bro, 2014, n°9, p3

The local market

Aggregated town figures. Ti Kaer never links a named house to a sale price.

All sales in Trégunc

€283,230median house price in Trégunc
521house sales, 2021–2025
74sales at €500,000+

The sea-view premium in Trégunc

Median price per m² of houses sold by distance to the shore, 2021-2025, all houses.

All coastal towns and the method

€4,037per m² within 300 m of the shore
€2,698per m² beyond 300 m
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Questions

Can Moulin à marée de Pont-Minaouët be visited?

No: it is a private property and cannot be visited, except for occasional openings announced by the owners.

How old is Moulin à marée de Pont-Minaouët?

The oldest recorded parts date from the 16th–19th century.

Is Moulin à marée de Pont-Minaouët a listed building?

No. It is neither listed nor classified as a historic monument according to the databases consulted; it appears in the regional heritage inventory, which carries no constraint.

How far is Moulin à marée de Pont-Minaouët from the sea?

0.9 km from the shore as the crow flies. Quimper station is 21.7 km away and Quimper-Cornouaille airport 24.8 km.

Most of these houses are private homes and cannot be visited unless stated otherwise. No address is published.

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Sources: regional heritage survey; Brittany regional heritage survey, Région Bretagne, record IA29131004 (patrimoine.bzh), open licence for the data, texts reproduced unchanged; distances computed from IGN municipal boundaries (Admin Express, open licence). Photographs: Wikimedia Commons, under the licence stated in each caption. Aerial views: IGN, open licence. Market: DGFiP land registry data, aggregated. No data on owners.